Né à Longueuil, au Québec, Yves Daoust est l’une des voix les plus singulières et influentes de la musique électroacoustique contemporaine. Son œuvre se situe au carrefour de la musique de concert, du cinéma, de la pédagogie et de la recherche sonore. Peu de compositeurs ont transformé avec autant de constance l’écoute elle-même en expérience artistique.
Daoust entreprend des études de piano à l’âge de sept ans avec Alice Vigeant. À vingt ans, il entre au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec à Montréal — d’abord dans la classe de piano d’Irving Heller, puis dans la classe de composition de Gilles Tremblay. Il poursuit ensuite des études d’analyse et de composition à Paris sous la direction de Gilbert Amy.
Une rencontre décisive avec Maurice Blackburn conduit Daoust à l’Office national du film du Canada (ONF), où il reçoit une formation spécialisée en musique de film. Plongé dans le légendaire Atelier de son (1976–1979), il développe une sensibilité affinée aux relations son-image, à l’écoute narrative et à la perception spatiale.
Daoust se forme de 1973 à 1975 au Groupe de musique expérimentale de Bourges (GMEB, rebaptisé plus tard IMEB), où il est profondément influencé par le concept de « cinéma virtuel » d’Alain Savouret — traiter le son comme un espace dramaturgique en soi. Cette approche devient fondatrice de son esthétique : la musique non pas comme simple structure, mais comme expérience cinématographique vécue par l’oreille. Il restera en contact avec l’IMEB jusqu’à sa fermeture en 2011 et composera de nombreuses œuvres sur commande pour l’Institut.
En 1978, avec Marcelle Deschênes, Michel Longtin, Philippe Ménard, Jean Sauvageau et Pierre Trochu, il cofonde l’ACREQ (Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec) — organisme qu’il dirigera pendant dix ans et qui deviendra plus tard Elektra — contribuant à faire du Québec un pôle majeur de l’innovation électroacoustique. En 1981, il est nommé professeur au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, où il conçoit et institutionnalise des programmes électroacoustiques complets pour les campus de Montréal et de Québec. Il se retire du Conservatoire en 2011.
La musique dite mixte — où composition instrumentale et électroacoustique partagent la scène — constitue un pan majeur de l’œuvre de Daoust. Son travail a également été marqué par une longue collaboration avec les Mimes Omnibus et leur directeur Jean Asselin.
En 2009, Yves Daoust reçoit le Prix Serge-Garant de la Fondation Émile-Nelligan, en reconnaissance de sa contribution à vie à la création musicale, à l’innovation et à la transmission.