Yves Daoust

L’Art du Son

Musique Électroacoustique  |  Mixte  |  Instrumentale

Sur cinq décennies, le catalogue d’Yves Daoust embrasse la composition électroacoustique, mixte et instrumentale — chaque œuvre traitant l’écoute elle-même comme un acte dramatique. Sa musique a été interprétée et diffusée à l’international, et est distribuée sur le label empreintes DIGITALes.


Œuvres principales

1979
Quatuor
Musique concrète — Sa première œuvre « concrète », revisitant le patrimoine musical à travers des sources sonores culturelles.
1981
Valse
Mixte — Flûte (et piccolo), clarinettes Sib et Mib, saxophones alto/ténor/baryton, trompette, orgue électronique, clavecin amplifié, piano, piano électronique, violon et bande. Point de départ d’un procédé d’écriture unique où « nature » et « culture » cohabitent en discours parallèles.
1984
Petite musique sentimentale
Mixte — Piano et bande.
1986
Adagio
Mixte — Flûte et bande.
1986
Il était une fois… (conte sans paroles)
Électroacoustique.
1988
Variations sur un air d’accordéon
Mixte — Comédien-accordéoniste et bande.
1991
L’Entrevue
Mixte — Accordéon et bande.
1991
Water Music
Électroacoustique — Support stéréo.
1995
Impromptu [mixte]
Mixte — Piano, synthétiseur / sampleur et bande.
1997 – 2001
Bruits — trilogie : Children’s Corner / Nuit / Fête
Électroacoustique — Fragmentation sonore urbaine. Écoutez Nuit ci-dessous.
2007 – 2008
Chorals ornés
Mixte — Orgue et support fixe stéréo. Prolonge la démarche des discours parallèles établie avec Valse.
Album
Docu-fictions — Enregistrements sélectionnés
Disponible sur empreintes DIGITALes. Écoutez ou achetez l’album complet ci-dessous.

Discographie

1991
Anecdotes
empreintes DIGITALes — IMED 9106
1996
Filmusique-Film opéra (avec Maurice Blackburn)
Analekta — AN 7005/06
1998
Musiques naïves
empreintes DIGITALes — IMED 9843
2001
Bruits
empreintes DIGITALes — IMED 0156
Électroacoustique Musique mixte Musique concrète Instrumentale Art sonore empreintes DIGITALes

Catalogue complet des œuvres

1976
Paris, les Grands-Magasins
Électroacoustique — Phonographie / sons de l’environnement quotidien.
1979
Quatuor
Musique concrète.
1981
Valse
Flûte (et piccolo), clarinettes Sib et Mib, saxophones alto, ténor et baryton, trompette, orgue électronique, clavecin amplifié, piano, piano électronique, violon et bande.
1981 / 2000
La gamme
Électroacoustique.
1982 – 1995
Maurice Blackburn, ou portrait d’un méconnu
Électroacoustique.
1984
Petite musique sentimentale
Piano et bande.
1986
Adagio
Flûte et bande.
1986
Fantaisie
Électroacoustique.
1986
Il était une fois… (conte sans paroles)
Électroacoustique.
1988
Variations sur un air d’accordéon
Comédien-accordéoniste et bande.
1989
Ouverture
Électroacoustique.
1989
Suite Baroque
Électroacoustique.
1990
Mi bémol
Électroacoustique.
1991
L’Entrevue
Accordéon et bande.
1991
Water Music
Support stéréo.
1992
Joie
Électroacoustique.
1992
Résonances
Électroacoustique.
1994
Impromptu
Électroacoustique.
1995
Impromptu [mixte]
Piano, synthétiseur / sampleur et bande.
1997 – 2001
Bruits
Électroacoustique.
2002
Objets trouvés
Électroacoustique.
2003
Solo
Électroacoustique.
2004
Le temps fixé
Électroacoustique.
2005
About Time
Électroacoustique.
2007 – 2008
Chorals ornés
Orgue et support fixe stéréo.

Fonofone Instrument  |  Projet pédagogique  |  Publications

Fonofone est un instrument de création sonore conçu par Yves Daoust en 2004 pour éveiller la créativité musicale chez les jeunes. Il est devenu la pierre angulaire d’un engagement pédagogique soutenu touchant des milliers d’élèves au Québec et au-delà.

Enseignement Conservatoire  |  Ateliers  |  Pédagogie

La transmission est un pilier central de la pratique de Daoust — la conviction que l’écoute, la créativité et la conscience sonore peuvent et doivent s’enseigner. Trente ans au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, des générations de compositeurs, et des programmes durables qui ont transformé le paysage électroacoustique québécois.

Analyse Évolution  |  Esthétique  |  Langage musical

Analyse de l’évolution musicale d’Yves Daoust, de ses débuts radicaux en 1975 jusqu’à ses œuvres les plus récentes — l’invention d’un genre, la maturité esthétique et la plongée dans la mémoire intime.

1975 — Début
Les origines : la rupture fondatrice
Daoust décrit lui-même ses débuts comme un moment de négation radicale — il cherchait ce qu’il ne voulait pas faire, plutôt que ce qu’il voulait construire. La révélation vient d’une pièce de Luc Ferrari, décrite comme un coup de foudre qui lui donne enfin une direction. Sa première pièce électroacoustique reconnue, Paris, les grands magasins (1975), est brute et frontale : une promenade sonore dans des grands magasins parisiens, sans couches esthétiques, sans transformation. Il la qualifie lui-même de « très gauche » mais y reconnaît déjà les prémisses de son langage futur.
Paris, les grands magasins (1975) Influence : Luc Ferrari Musique concrète radicale Une seule couche
Fin 1970s–80s
L’invention d’un genre impossible : la musique mixte
C’est ici que Daoust forge son identité compositionnelle la plus originale. Il théorise la musique mixte non comme une intégration d’un instrument et d’une bande, mais comme la coexistence volontairement séparée de deux médias aux temporalités différentes. Contrairement à la majorité des compositeurs de l’époque — où la bande dicte ou soutient l’instrumentiste —, Daoust donne à chaque médium son propre discours autonome. L’entrevue avec l’interprète devient la matière brute de la bande : paradoxe musical mis en scène dans L’entrevue (c. 1982), où la pensée théorique d’un accordéoniste jouant du Bach croise une écriture instrumentale issue des Suites anglaises.
L’entrevue (c. 1982) Bande + interprète vivant Deux médias parallèles Accordéon · Bach transformé Parole montée
Fin 1980s–90s
Maturité : théâtre instrumental & portrait
Cette période voit l’éclosion complète de son esthétique des couches de sens. Daoust travaille systématiquement par stratification — une narration en surface, un sujet profond caché en dessous. Dans Les agréments, il juxtapose des extraits de Couperin avec une flûtiste en crise existentielle, superposant le traité d’ornementation du XVIIIe siècle à l’absurdité d’un piano virtuel sans pianiste. L’humour y est assumé. La trilogie Bruit (Children’s Corner / Nuit / Fête) marque un tournant vers la fragmentation sonore urbaine, explorant une technique de prélèvement et reconstruction d’échantillons environnementaux — sons de climatiseurs, bruits de rue — avec une précision analytique quasi-scientifique.
Les agréments · Couperin · ironie Bruit (trilogie) Sons urbains · fragmentation Couches multiples Concepts extra-musicaux Humour
2000s
Portrait intime et mémoire
Les œuvres les plus récentes témoignent d’un approfondissement du geste : Daoust s’approche de sujets humains vulnérables — une courtisane (Lili), un chanteur en déchéance cognitive (Temps fixé) — et tisse leurs voix fragmentées, répétitives, lacunaires, contre leur passé glorieux. La répétition des phrases du chanteur atteint de démence n’est pas un défaut de montage, mais une notation précise de la dégradation mémorielle. Le magnétophone à bande dans Temps fixé devient lui-même symbole : outil archaïque, il incarne l’idée même du temps figé que la pièce interroge.
Lili — courtisane · solitude · dégoût Temps fixé — déchéance · mémoire Magnétophone à bande Mozart · dégradation Récit de vie

Traits permanents à travers toutes les périodes

Superposition de couches

Signature formelle absolue de Daoust. Chaque pièce fonctionne sur au moins deux niveaux simultanés : l’apparent (la narration de surface) et le profond (le vrai sujet philosophique ou émotionnel).

Ancrage dans la musique classique

Bach, Couperin, Mozart, Debussy — non comme références cultivées, mais comme continuation organique. Daoust se revendique d’un continuum, refusant les brisures radicales valorisées par le milieu contemporain.

L’entrevue comme matériau

Constante méthodologique : il enregistre, laisse parler, monte ensuite avec une discrétion proche de l’ethnographe. La voix de l’autre devient notation musicale.

Le jeu sur le temps

Présent vs passé, temps figé vs temps vivant, répétition vs oubli — son obsession philosophique centrale, déclinée dans chaque œuvre sous une forme différente.

Biographie Compositeur  |  Pionnier  |  Bâtisseur d’institutions

Né à Longueuil, au Québec, Yves Daoust est l’une des voix les plus singulières et influentes de la musique électroacoustique contemporaine — formé à l’ONF, au GMEB de Bourges, et au Conservatoire de musique du Québec, où il a passé trente ans à bâtir les programmes électroacoustiques. Lauréat du Prix Serge-Garant (2009).

Première composition électroacoustique

Paris, les Grands-Magasins  — 1976
Électroacoustique — Phonographie / sons de l’environnement quotidien. Exploration de la nature à travers des paysages sonores urbains.

Contact

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